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Crowdlending énergies renouvelables 2026 : quelles plateformes choisir, et quels projets éviter

CrowdPickr · 2026-10 · 18 min de lecture
Crowdlending énergies renouvelables 2026 : quelles plateformes choisir, et quels projets éviter

Le compartiment le plus solide du crowdfunding français reste, en 2026, celui des énergies renouvelables. Le segment a collecté 358 millions d'euros en 2025, aucune perte définitive n'y a été enregistrée cette année-là et le rendement brut moyen s'est établi à 7,7 % [8][9]. Dans l'immobilier, au même moment, 20 à 25 % des projets se trouvent en procédure collective [10][26]. Mais le choix de la plateforme ne suffit plus. Après deux rachats, les quatre noms les plus connus du secteur ne forment plus que deux groupes, Enerfip (avec Lumo) et Lendocompany (Lendosphere et Lendopolis) [1][4][5][6]. Et 2026 a apporté des accidents très visibles : la liquidation de TELI SAS, émettrice d'une obligation placée sur Enerfip pour le projet d'usine de panneaux solaires Carbon [18][28], la procédure de réorganisation de Ventus Energy, une offre « verte » qui ne disposait d'aucun agrément de financement participatif [20][21], et, le 1er octobre, un risque de non-remboursement signalé sur un emprunt de développement placé sur Lendosphere [30].

Notre réponse courte : choisissez l'un des deux groupes agréés, puis concentrez votre attention sur le projet. Prêter à une centrale construite dont l'électricité est vendue sous contrat n'a rien à voir avec financer un portefeuille en développement, une usine ou une plateforme étrangère non régulée. Sur nos données, le score moyen baisse quand le coupon monte : 70,2/100 sous 7 %, 64,6 entre 7 et 9 %, 58,2 au-delà. Un taux plus élevé n'est pas une prime gratuite, mais le signe d'un autre risque.

Le marché en 2026 : ce que disent les chiffres

Selon le baromètre Forvis Mazars et France FinTech relayé par la presse, le crowdfunding français a collecté 1,763 milliard d'euros en 2025, en hausse de 1,8 %. Les énergies renouvelables y pèsent 358 millions d'euros (+1,7 %) pour 407 projets, un nombre en hausse de 31,2 % [8] (une autre présentation du même baromètre indique +24 % [9]). Le solaire représente 70 % des montants, l'éolien 8 % et la méthanisation 5 % [9]. L'énergie dépasse désormais 20 % de la collecte totale [10]. Pour le détail du marché, voir notre baromètre du crowdlending 2025.

Côté risque, le contraste avec l'immobilier est net. D'après le même bilan, « aucune perte définitive n'a été enregistrée sur ce segment spécifique en 2025 » pour les EnR, et les retards de moins de six mois y sont restés sous 2 % [9]. Dans l'immobilier, 8 à 10 % des projets affichent des retards de moins de six mois, 25 à 30 % des retards de plus de six mois, et 20 à 25 % sont en procédure collective [10]. Un cabinet de conseil qui suit le secteur avance le même ordre de grandeur pour les procédures collectives, contre 4 à 6 % en juin 2024 [26]. Deux plateformes ont cessé leur activité en 2025 [10].

Attention, ces chiffres ne se comparent pas terme à terme : pour les EnR, la source ne précise pas si les 2 % portent sur les projets ou sur les montants, et ne donne aucun chiffre pour les retards de plus de six mois, alors que les chiffres de l'immobilier sont des parts de projets. L'écart reste considérable, sans permettre de ratio précis. Notre comparaison détaillée des retards par plateforme se trouve dans notre article sur les taux de retard.

La contrepartie est un rendement plus bas : 11 % brut en moyenne dans l'immobilier [8], 10,55 % sur les 158 projets immobiliers de notre base dont le taux est renseigné, contre 6,70 % à 8,12 % sur les trois grandes plateformes EnR (tableau ci-dessous).

Enfin, la fiscalité a bougé. Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique est passé de 30 % à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), et il s'applique par défaut aux revenus de capitaux comme les intérêts et les obligations [11][12]. Les textes officiels ne mentionnent pas explicitement les obligations de financement participatif, mais rien n'indique qu'elles y échappent. Un coupon brut de 7 % devient ainsi environ 4,8 % net. Notre guide fiscal du crowdlending, publié en mars 2026, retient encore le taux de 30 % : retenez 31,4 % pour vos calculs.

Deux groupes, pas quatre plateformes

Le paysage a changé en un an. Lendosphere et Lendopolis sont désormais deux marques d'une même société agréée, Lendocompany, prestataire de services de financement participatif (PSFP) sous le numéro FP-2023-22, agréé le 7 novembre 2023, selon la liste blanche de l'AMF [1]. Lendosphere, filiale du groupe 123 Investment Managers, avait racheté 100 % de Lendopolis en novembre 2024, selon MoneyVox (une page qui propose un code promotionnel, donc en partie commerciale) [6]. Les deux structures ont fusionné fin 2025 au sein de Lendocompany, et une part majoritaire de la collecte de Lendopolis passe par le réseau de La Banque Postale, d'après L'Info Durable [7].

Lendosphere publie sur sa page statistiques 471 072 331 € collectés, 849 projets présentés dont 837 terminés, 47 512 prêteurs, moins de 1 % de l'encours en retard de plus de 60 jours et 3 projets impayés [3]. Lendopolis revendique plus de 420 millions d'euros collectés, 883 projets financés, un ticket d'entrée de 20 € ou 100 € et 23 983 prêteurs actifs en novembre 2025 [6]. Notez que la presse reprend à propos du groupe la formule « zéro défaut à date » [7], alors que la page de Lendosphere fait elle-même état de 3 projets impayés [3]. Les définitions du défaut varient : fiez-vous à la donnée publiée par la plateforme.

De l'autre côté, Enerfip a racheté Lumo en novembre 2025, après une année où le chiffre d'affaires de Lumo avait reculé d'environ deux tiers, selon CFNEWS [5]. Lumo indique désormais être « une marque commerciale d'Enerfip » et revendique, pour son historique propre, 32 000 utilisateurs, 230 millions d'euros et 263 projets [4]. Chez Enerfip comme chez Lumo, l'investisseur ne paie « aucun frais » [4] : c'est le porteur de projet qui rémunère la plateforme par une commission de succès, avec un marché secondaire (Enerdeal) et un ticket minimum de 10 €, selon un comparatif affilié ancien [24].

Nous n'avons pas pu vérifier les statistiques actuelles d'Enerfip : sa page de performance n'a pas répondu, et les chiffres qui circulent ne se recoupent pas. Un site affilié relayait en janvier 2026 un total de 562 millions d'euros depuis 2014 et l'affirmation de la plateforme selon laquelle « aucune perte définitive n'a été enregistrée à ce jour » [23]. Cette affirmation est antérieure à la liquidation de TELI SAS. L'agrément, lui, est vérifiable : Enerfip SAS figure sur la liste blanche de l'AMF comme PSFP sous le numéro FP-2022-2, agréé le 6 décembre 2022, avec la marque commerciale « Enerfip - Lumo » [27].

En marge de ces deux groupes, Miimosa est un PSFP agréé (FP-2024-5) [2], orienté agriculture avec quelques projets énergétiques.

Conséquence pratique : répartir son argent entre Lendosphere et Lendopolis ne diversifie pas le risque plateforme, puisque c'est la même entité agréée. Pour deux contreparties distinctes, il faut un compte dans chaque groupe.

Plateforme Groupe Projets EnR analysés Taux moyen Durée moyenne Score moyen (min-max) Offres ouvertes
Enerfip Enerfip (+ Lumo) 70 8,12 % 37,3 mois 62,5 (40 à 84) 15
Lendosphere Lendocompany 29 6,89 % 45,7 mois 66,4 (46,8 à 80) 10
Lendopolis Lendocompany 20 6,70 % 49,6 mois 72,6 (65 à 82) 7
Miimosa Groupe MiiMOSA 2 7,0 % 42 mois 49,0 1

Données CrowdPickr : projets énergie scorés entre mai et le 1er octobre 2026. Taux et durées calculés sur les projets dont le taux est renseigné (69 sur 70 pour Enerfip). Offres ouvertes lors de notre dernier passage sur chaque plateforme (17 septembre 2026 pour Lendopolis, 1er octobre pour Enerfip et Lendosphere).

La moyenne plus basse d'Enerfip ne signifie pas une plateforme moins sérieuse : son offre est la plus large et la plus dispersée (40 à 84 sur 100), avec davantage d'obligations de développeurs à coupon élevé. Les projets de Lendopolis sont plus homogènes, tous classés FAVORABLE ou RECOMMANDÉ par notre moteur. Sur le seul critère d'historique de la plateforme, nos sous-scores étaient de 22,5/25 pour Enerfip, 22,0/25 pour Lendopolis et 19,9/25 pour Lendosphere, cette dernière ne publiant pas explicitement le rendement réalisé face au rendement annoncé. Ces sous-scores reposent sur des données de défaut antérieures à la liquidation de TELI SAS et au risque signalé sur Lendosphere en octobre 2026 : ils ne doivent pas être lus comme un « 0 % de défaut » actuel pour Enerfip ou pour Lendosphere.

Pourquoi les prêts EnR ont tenu, et ce qui change

La robustesse du segment tient aux revenus des projets, pas à leur caractère « vert ». Une centrale lauréate d'un appel d'offres de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) bénéficie d'un « contrat de complément de rémunération à l'électricité produite », un mécanisme de soutien public prévu par le code de l'énergie. Le cahier des charges d'avril 2026 pour le petit photovoltaïque prévoit même une prime qui compense en partie le producteur quand le nombre d'heures à prix négatifs dépasse 15 heures dans l'année [14]. Pour un prêteur, c'est l'essentiel : le remboursement repose sur un flux largement contractuel.

Les développeurs ont aussi une raison réglementaire de venir chercher les particuliers. Dans les grands appels d'offres PPE2, le financement local ou participatif est un critère de notation : selon le portail photovoltaique.info, l'engagement porte sur 10 % du financement apporté localement pendant trois ans, et le non-respect de cet engagement réduit le tarif de référence servant au calcul du complément de rémunération [15]. Source secondaire : nous n'avons pas pu vérifier les seuils exacts ni la définition de « local ». Point notable : dans le cahier des charges d'avril 2026 pour le petit photovoltaïque (100 à 500 kWc), nous n'avons trouvé aucun bonus lié au financement participatif [14]. Ce constat ne vaut que pour cet appel d'offres.

Deux pressions nouvelles méritent d'être suivies. D'abord, les prix négatifs : selon le bilan RTE relayé par Selectra (un site qui exerce aussi une activité de comparateur), la France a connu 513 heures à prix négatifs en 2025, contre 352 en 2024, et les prix s'effondrent surtout en milieu de journée, sous l'effet de la production solaire. Le parc solaire, à 30,4 GW, a dépassé l'hydraulique [17]. Ensuite, le soutien aux petites installations a reculé : depuis le 5 juin 2026, le tarif d'achat des nouvelles installations de 100 kWc ou moins est un tarif unique de 1,1 c€/kWh, les primes à l'investissement sont supprimées, et les installations de 100 à 500 kWc passent par l'appel d'offres simplifié [16].

Notre lecture : une centrale en service sous contrat reste protégée par son cadre de rémunération. Les projets neufs, surtout s'ils vendent une partie de leur production sans contrat, sont plus exposés. Demandez toujours quel contrat couvre la production, et pour combien d'années.

Tous les projets « verts » ne se valent pas

Derrière l'étiquette énergie renouvelable, nous distinguons quatre profils de risque très différents. L'étiquette elle-même ne garantit plus rien : le label public « Financement participatif pour la croissance verte » a pris fin, selon le ministère de la Transition écologique [13]. Le qualificatif « vert » est donc aujourd'hui une auto-déclaration.

1. La centrale en exploitation sous contrat

Le profil historique du crowdlending EnR : un prêt à la société de projet propriétaire d'un parc solaire ou éolien construit, raccordé, dont l'électricité est vendue sous contrat. Le risque porte surtout sur la production et la solidité du sponsor. La réputation du segment repose sur ce type de projet.

2. Le portefeuille en développement

Ici, vous prêtez à une holding qui finance des projets pas encore construits. Exemple dans notre base : l'obligation « Incisol Dev 3 - Solstice T2 » sur Enerfip, à 9,5 % sur 34 mois, remboursable in fine, qui finance le développement de 37 projets destinés à être revendus au stade prêt à construire, dont la majorité est « encore en phase de développement précoce ». Un projet en développement peut ne jamais obtenir son permis ou son raccordement : le remboursement dépend alors de la capacité du développeur à vendre ou refinancer son portefeuille.

Ce profil n'est pas propre à Enerfip. Le 1er octobre 2026, GreenUnivers a indiqué qu'« un risque de non-remboursement pèse sur un emprunt contracté en 2025 auprès des épargnants de Lendosphere par Eolfi, filiale de Langa International », et que ce risque « porte sur 91 MW comprenant 3 projets solaires et 6 parcs éoliens à construire » [30]. L'article complet est payant : nous n'en connaissons ni le montant, ni le taux, ni la cause, et il s'agit à ce stade d'un risque signalé, pas d'un défaut constaté. Ce projet ne figure pas dans notre base.

Pour mesurer l'effet, nous avons classé les 119 projets des trois grandes plateformes selon les mots « développement », « pipeline » ou « holding » dans leur résumé. Les 42 projets concernés affichent un score moyen de 61,0 et un taux moyen de 8,05 %, contre 67,4 et 7,32 % pour les 77 autres. Ce classement par mots-clés est grossier (le mot « développement » peut apparaître dans le résumé d'une centrale en service) : prenez-le comme une indication, pas comme une mesure.

3. Le projet industriel

L'accident le plus visible de 2026 sur une plateforme agréée relève de cette catégorie. Sur Enerfip, 2 379 investisseurs ont apporté 2 963 040 € à TELI SAS, la société qui porte la dette obligataire du projet d'usine de panneaux solaires Carbon, et TELI SAS est en liquidation judiciaire [28]. Selon le cabinet Kohen Avocats (un blog d'avocats qui propose aussi ses services aux investisseurs), les fonds, nets des frais de plateforme, ont été versés à Carbon SAS en compte courant d'associé, et Enerfip « procède à une déclaration pour l'ensemble des 2 379 investisseurs » [18]. Enerfip prévient lui-même qu'« il est peu probable que les investisseurs retrouvent une part significative du capital investi » [28]. En mai 2026, Carbon a abandonné son projet de giga-usine photovoltaïque de 1,5 milliard d'euros à Fos-sur-Mer, en expliquant qu'« aucune visibilité n'existe aujourd'hui sur l'émergence d'un tel marché » [19].

La leçon porte sur la nature du risque : Carbon n'était pas une centrale aux revenus contractés, mais un projet industriel dépendant d'un marché à construire. Le taux et l'échéance de cette obligation ne figurent pas dans nos sources, et ce projet n'est pas dans notre base : nous ne l'avions pas scoré. Sur le forum de la communauté Finary, des investisseurs rapportent d'autres incidents en 2026 sur Enerfip, dont un défaut sur un projet Papysun et des retards sur plusieurs autres [25]. Il s'agit de témoignages d'utilisateurs que nous n'avons pas pu vérifier ailleurs.

4. L'offre « verte » non agréée

Ventus Energy Group OÜ, une société de Tallinn [20] qui collectait l'épargne de particuliers pour financer des actifs énergétiques (cogénération et chaleur, solaire, batteries, éolien) [21][29], illustre le dernier profil. Le 24 juin 2026, l'Autorité autrichienne des marchés financiers (FMA) a publié un avertissement indiquant que la société n'est pas autorisée à fournir en Autriche des services bancaires soumis à licence, et donc pas autorisée à accepter en dépôt des fonds de tiers [20]. L'autorité estonienne a republié cet avertissement [20]. Le régulateur allemand BaFin avait auparavant pris une décision contre Ventus, selon un cabinet d'avocats allemand qui démarche les investisseurs concernés [22] ; la date de cette décision varie selon les sources.

D'après P2P Empire, un site affilié, le tribunal du comté de Harju a ouvert le 18 août 2026 une procédure de réorganisation de Ventus Energy Group OÜ. Le même site fait état de 95,1 millions d'euros d'encours, de 6 485 investisseurs et d'aucun prêt performant, et indique que Ventus a fait appel de la décision de la BaFin [21]. Nous n'avons pas consulté le registre du tribunal estonien. Le 25 septembre 2026, Ventus a publié le résumé d'un plan de réorganisation qui prévoit, selon la société, le remboursement de 100 % du capital sur cinq ans au plus, avec une option de conversion des créances en participation, pour un passif total qu'elle chiffre à 86,0 millions d'euros [29]. C'est une proposition de la société, pas un résultat acquis, et ses chiffres ne coïncident pas avec ceux de P2P Empire. Une réorganisation n'est pas une liquidation, et son issue est inconnue.

Notre moteur avait noté le projet « 17.4 MW Wind Park Lithuania BESS Addition Round 5 » le 19 mai 2026 : 2/100, verdict ÉVITER, pour un taux de 15,12 % sur 87 mois. Motif principal : aucune licence identifiable, ni agrément PSFP de l'AMF, ni passeport européen, la plateforme déclarant elle-même opérer sans licence de financement participatif. Par honnêteté, précisons que ce score est intervenu après la décision de la BaFin : nous n'avons pas devancé tous les régulateurs. Voir la fiche Ventus Energy.

Ce que montrent nos données

Sur les trois grandes plateformes, le score baisse régulièrement avec le coupon :

Taux affiché Projets Score moyen CrowdPickr
Moins de 7 % 39 70,2
De 7 à 9 % 59 64,6
9 % et plus 20 58,2

Deux nuances. D'abord, un coupon modéré ne garantit rien : parmi les projets les moins bien notés figurent le renouvellement du parc éolien de Dosnon sur Lendosphere (7,5 %, 46,8/100) et le parc photovoltaïque de Pont-du-Château sur la même plateforme (7,5 %, 47,8/100), tous deux en PRUDENCE, ainsi que Trinité Surzur Bail sur Enerfip (8 %, 43/100). Ensuite, 106 des 119 projets (89 %) sont remboursables in fine : le capital ne revient qu'à l'échéance, souvent après trois à quatre ans, et vous portez jusque-là le risque sur la totalité de la somme.

La check-list avant de souscrire

  • L'agrément. Vérifiez la plateforme sur la liste blanche des PSFP de l'AMF. Une offre sans agrément de financement participatif est à écarter, quel que soit son taux.
  • L'émetteur et ce qu'il possède. Une société de projet propriétaire d'une centrale, une holding de développement et une société industrielle ne présentent pas le même risque. Notre guide pour lire un dossier de crowdlending détaille où trouver cette information.
  • Le statut de l'actif. La centrale est-elle construite, raccordée, sous contrat de complément de rémunération ou d'achat ? Pour combien d'années ?
  • Le taux. Sur nos données, au-delà de 9 %, attendez-vous à un risque de développement ou industriel. Traitez-le comme un placement proche des fonds propres et dimensionnez-le en conséquence.
  • Le mode de remboursement et la durée. L'in fine domine. Une durée longue in fine concentre le risque à la fin.
  • Le mot « vert ». Il n'existe plus de label public [13]. Ignorez-le dans votre analyse.
  • La diversification réelle. Lendosphere et Lendopolis sont une seule société [1]. Répartissez entre les deux groupes et, surtout, entre de nombreux projets et porteurs.
  • Le rendement net. Raisonnez après PFU à 31,4 % [11].

Pour comparer avec les autres segments, voir notre sélection des meilleures plateformes de crowdlending en 2026, que cet article complète et précise pour les énergies renouvelables.

Le verdict CrowdPickr

Le crowdlending EnR reste le segment de prêt le plus défendable du crowdfunding français pour un investisseur prudent, à condition de choisir le projet autant que la plateforme. Les deux groupes agréés spécialisés, Enerfip (avec Lumo) et Lendocompany (Lendosphere et Lendopolis), restent les références du secteur. Nos moyennes (Lendopolis 72,6, Lendosphere 66,4, Enerfip 62,5) reflètent surtout la composition de l'offre : Enerfip propose davantage d'obligations de développement à coupon élevé, mais aussi l'offre la plus large, sans frais pour l'investisseur. Privilégiez les centrales en service, sous contrat, à 6-8 %. Traitez les obligations de développement ou industrielles à 9 % et plus comme un risque proche des fonds propres : les dossiers Carbon/TELI SAS sur Enerfip et Eolfi sur Lendosphere montrent que l'historique d'une plateforme ne protège pas un projet. Évitez sans exception les offres « vertes » non agréées. Enfin, gardez en tête ce que nous ne savons pas : les statistiques à jour d'Enerfip n'ont pas pu être vérifiées à la source, et l'issue des procédures TELI SAS et Ventus Energy, comme celle du dossier Eolfi, reste inconnue.

Sources

  1. Liste blanche PSFP : Lendocompany, AMF, consulté le 2 octobre 2026.
  2. Liste blanche PSFP : Groupe MiiMOSA, AMF, consulté le 2 octobre 2026.
  3. Statistiques, Lendosphere, consulté le 2 octobre 2026.
  4. Page d'accueil, Lumo (marque d'Enerfip), consulté le 2 octobre 2026.
  5. Lumo s'adosse à un montpelliérain, CFNEWS, 20 novembre 2025.
  6. Lendopolis, MoneyVox (page avec code promotionnel), données de novembre 2025.
  7. Financement participatif : pourquoi les EnR tiennent quand le reste décroche, L'Info Durable, 21 janvier 2026.
  8. Le financement participatif rebondit de 1,8 % en 2025 : 1,7 milliard d'euros, L'Info Durable, 12 mars 2026.
  9. Les Français investissent dans les énergies renouvelables : 358 millions d'euros mobilisés en 2025, Les-energies-renouvelables.eu, 14 mars 2026.
  10. Crowdfunding en France : la collecte repart légèrement en 2025 à 1,76 milliard d'euros, Finyear, mars 2026.
  11. Évolution du prélèvement forfaitaire unique (PFU), Service-public.fr (Entreprendre), en vigueur au 1er janvier 2026.
  12. Revenus d'épargne et de placement : revenus 2026, Service-public.fr, consulté le 2 octobre 2026.
  13. Label financement participatif, Ministère de la Transition écologique, consulté le 2 octobre 2026.
  14. Cahier des charges PPE2 Petit PV (100-500 kWc), CRE, avril 2026.
  15. Appels d'offres CRE 5 PPE2, photovoltaique.info, consulté le 2 octobre 2026.
  16. Arrêté S21 : détail des modifications et nouveau tarif unique, photovoltaique.info, juin 2026.
  17. Bilan électrique RTE 2025, Selectra, début 2026.
  18. Projet Carbon abandonné : que peuvent faire les investisseurs après la liquidation de TELI SAS ?, Kohen Avocats (blog de cabinet), 24 août 2026.
  19. Abandon d'un projet de giga-usine photovoltaïque à Fos-sur-Mer, L'Info Durable, 19 mai 2026.
  20. The FMA warns about offerings by Ventus Energy Group OÜ, FMA (Autriche), republié par l'autorité estonienne, 24 juin 2026.
  21. Ventus Energy review, P2P Empire (site affilié), mis à jour en 2026.
  22. Ventus Energy : Geld zurück, anwalt24.de (Kanzlei Oelschig, contenu promotionnel de cabinet), 9 juin 2026.
  23. Enerfip avis, Détective Banque (site affilié), 6 janvier 2026.
  24. Avis Enerfip, S'investir (site affilié), non daté.
  25. Retours d'expérience récents sur Enerfip, forum de la communauté Finary, avril-août 2026.
  26. Crowdfunding immobilier : taux de défaut, retards… le bilan 2025, Fortuny Conseil (site de conseil et d'affiliation), 10 avril 2026.
  27. Liste blanche PSFP : Enerfip SAS, AMF, consulté le 2 octobre 2026.
  28. Point à propos du projet Carbon, Enerfip, mis à jour le 19 mai 2026.
  29. Reorganisation Plan: Executive Summary for Creditors, Ventus Energy (communication de la société), 25 septembre 2026.
  30. Lendosphere confrontée à un risque de défaut sur des projets de Langa International, GreenUnivers (article payant, chapeau consulté), 1er octobre 2026.

Données CrowdPickr au 1er octobre 2026. Cet article est une analyse indépendante et ne constitue pas un conseil en investissement.

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